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Kate Moss.
2006 a été sans conteste l'année Kate. Et elle voudrait que ça recommence en 2007 en créant son parfum? Mais Kate, maintenant que tu vas te marier à Pete, t'es en dehors du coup, laisse place à une jolie célibataire du CDBNA!
Je viens d'avoir une révalation qui m'a littéralement irradiée: mon quartier est honteusement trop branché. En effet, les petits restaus italiens, c'est branché, les coiffeurs bizarres et les boutiques design, c'est branché, les traiteurs grecs et hongrois, c'est branché, les bobo, c'est branché, les écoles catho et les japonais à côté des synagogues c'est branché. Et, summum du branchouille parisien: le daily monop'. Là où tous les jeunes bobos de la capitale se pressent à 19 heures trente, de retour d'un petit week - end prolongé très champêtre, ou bien après avoir passé l'après - midi sous la couette. Bref, le Daily Monop', c'est in.
Il n'y a bien sûr que moi dans toute la capitale pour débarquer dans ce haut lieu de la branchitude-bioitude-initude/bouffeitude/designitude parisienne, non pas pour effectuer un acte de mode délibéré, mais bel et bien pour me ravitailler. Comme c'est incongru. Oui, mais moi, je ne reviens pas d'un week - end champêtre en amoureux, mais bel et bien d'une escapade en Picardie, avec mes parents et avec des amis de ceux - ci. Très gentils au demeurant, mais un peu trop Gadzarts pour que ce week end puisse être qualifié de glamour. Et, revenant de ce week-end, fatiguée par une nuit passée dans une pièce avec deux couples (et tout le stress qui s'ensuit, dû principalement à l'angoisse de devoir affronter un bruit de succion mal dissimulé), épuisée par le débat GPS vs carte Michelin des parents, il n'y a que moi pour me rendre compte que ce soir, je suis seule dans l'appartement que je partage d'habitude avec mes grands - parents, et que le frigo est VIDE. Je file donc au Daily Monop'.
Et c'est aussi très in de venir au Daily Monop' en arborant à son bras le dernier Gérad Darel et/ou un mec hyper fashion mais pas trop (un peu du genre du mec de Sofia Coppola, le chanteur de Phoenix, par exemple). Pensez bien qu'en ce qui me concerne, échevelée par la pluie, les lunettes de travers, le fond de teint en fin de course, je n'ai pensé à aucun de ces deux accessoires indispensables.
Mais face à ce terrible constat, je me saisis cependant de mon courage et de mon panier et m'attelle à ma dure tâche: le remplir pour un dîner pour UNE personne. Et ce en affrontant les regards amusés (si si j'en suis sûre) des couples très BeauxJeunesEtBranchés qui m'entourent. Avec un courage très régime, je m'empare d'une salade hors de prix, que j'assortis avec faiblesse d'un paquet de chips bacon, il n'a pas beaucoup de discussion mais me tiendra quand même compagnie toute la vie, lui, sous forme d'un joli bourrelet aussi fidèle que mon célibat, là, sur mon ventre. L'hypoglycémie me guette, je cède donc. Enfin, excédée, je jette d'un poing rageur une bouteille de Yop vanille dans mon panier, dont les effets iront compléter ceux du panier de chips cité ci - avant.
Avec le courage de SuperCélibataire, je me lance à l'attaque de la caisse, dont la queue qui s'allonge ressemble curieusement à celle de la tour Eiffel en pleines vacances scolaires japonaises. Je m'efforce de ne pas constater que l'autre femme seule dans la queue est indécemment enceinte, ce qui prouve qu'elle a eu au moins une vie sexuelle il y a près de neuf mois, et que le seul homme seul dans la pièce est le vigile, qui par malheur (pour lui et moi) est très laid et semble très bête, aussi. Je finis par atteindre la caisse, après m'être convaincue de ne pas assassiner le petit couple devant moi, dont la jeune femme serre amoureusement dans ses bras ce qui semble être de la litière pour chat, mimant un nourisson qui braille, et couvant son "petit ange" de mec bombe sexuelle d'un regard tellement mielleux que j'en viens presque à me dire que je suis seule mais qu'au moins, je reste digne.
Le caissier est adorable. Finalement, le Daily Monop' a peut être ses bon côtés. Très vite, j'évacue cette idée de ma tête en réalisant qu'il a été autant adorable avec le mec de la petite pouffiasse blonde devant moi. Il passe ma carte dans le lecteur, je me dis Ouf, on touche au but. Carte muette. Il la repasse. La rerepasse. La rererepasse.
C'est alors que je constate que je vais devoir abandonner là mes emplettes, me plier à la dure loi du célibat, car je n'ai pas de mec qui puisse me tendre sa carte bleue et m'offrir ma salade-chips. Je vais devoir courir sous la pluie jusqu'au distributeur, pour extirper à mon Livret Epargne de quoi me sustenter (puisque la carte bleue ne marche pas non plus pour retirer de l'argent sur le compte courant).
J'abdique, mon honneur ne vaut rien face à la faim. Je reviens, essouflée, décoiffée, le fond de teint de plus en plus douteux et les lunettes de travers, emplies de buée, et me précipite sur ma caisse, où la femme enceinte est en train de payer. Maigre victoire, je passe devant tout le monde. Bon, ça râle derrière, mais je précise avec ma voix de mégère que tout de mème, j'ai déjà fait la queue une fois. C'est est trop, les petits couples gnagnan qui roucoulent et qui s'acharnent sur moi, j'en ai ma dose pour ce soir, je m'en venge à voix haute!
Mauvais calcul, je me rends compte en me retournant, à la fin de ma phrase, que je viens de prendre comme tête de turc la seule bombe sexuelle et visiblement célibataire de tout le 9ème arrondissement. Honteusement, je plonge la tête dans mon porte monnaie girly, tends par inadvertance deux billets de 10€ au lieu d'un au caissier qui m'en rend un avec un air entendu, sauf que moi, j'arbore mon air le plus idiot, je n'y comprends rien. Je finis par encaisser la monnaie, par réclamer au caissier mes achats, tout de même ça peut servir, il me sourit et rigole avec moi d'avoir oublié de mes les donner, je me dis, tiens peut être une touche. Il est pas si mal ce caissier de Monop', même si'il n'est que caissier.
Ah merde, il est aussi très marié. Enfin il a très une alliance à la main gauche.
Dépitée, j'abdique, entre le Daily Monop' à 19 heure et moi, c'est la fin d'une belle histoire, qui n'aura pas même eu le temps de vivre ses plus belle heures. Je plonge le nez dans mon écharpe et file en haut de mes quatre étages, en rêvant à ma salade chips bien méritée.
C'est à ce moment que je me suis dit qu'il fallait que j'avertisse les célibataires de Paris des dangers sur le moral du Daily Monop'.
Et c'est aussi à ce moment là que j'ai réalisé que je n'avais même pas utilisé ma carte de fidélité Smiles. J'ai vraiment tout perdu au Monop' de la Rue de Maubeuge, en ce lundi pluvieux d'Ascencion en Célibataire.
Commentaires :
Re: Gadz'Arts Glamour
Merci pour le lien, je laisse les deux, ça permettra aux lecteurs de comparer!
Thème inspiré par Bryan Bell.



Gadz'Arts Glamour